COMESTIBLES
ET TOXIQUES
LES
INTOXICATIONS
Nos ancêtres, (du Néolithique à nos jours), vécurent tout d'abord de cueillette,
de pêche
et de chasse.
La cueillette des végétaux avait pour but essentiel
l'alimentation. Les
pre-
miers rapports entre l'Homme et la plante furent délicats : la mort sanctionnait les
tentatives culinaires hasardeuses ! Ainsi s'élabora le concept de comestible et
par
opposition celui de dangereux. Ces deux concepts s'appuyaient sur
l'identification
visuelle de la plante. De nos jours, en mycologie seule la connaissance
botanique
permet de discerner l'espèce comestible de l'espèce toxique.
Et pourtant bien des fables circulent
encore dans nos campagnes :
- Les Champignons jeunes sont tous
comestibles...
- Tous les Champignons bleus sont toxiques...
- Les limaces n'attaquent que les
mauvais Champignons...
- Les Champignons dont la chair change
de couleur à la
cassure sont dangereux...
Toutes ces affirmations sont erronées, il n'existe pas de « recette miracle » pour
connaître
l'éventuelle
toxicité
d'un champignon, si ce n'est la connaissance des
champignons.
Nos ancêtres, (du Néolithique à nos jours), vécurent tout d'abord de cueillette,
de pêche
et de chasse.
La cueillette des végétaux avait pour but essentiel
l'alimentation. Les
pre-
miers rapports entre l'Homme et la plante furent délicats : la mort sanctionnait les
tentatives culinaires hasardeuses ! Ainsi s'élabora le concept de comestible et
par
opposition celui de dangereux. Ces deux concepts s'appuyaient sur
l'identification
visuelle de la plante. De nos jours, en mycologie seule la connaissance
botanique
permet de discerner l'espèce comestible de l'espèce toxique.
Et pourtant bien des fables circulent
encore dans nos campagnes :
- Les Champignons jeunes sont tous
comestibles...
- Tous les Champignons bleus sont toxiques...
- Les limaces n'attaquent que les
mauvais Champignons...
- Les Champignons dont la chair change
de couleur à la
cassure sont dangereux...
Toutes ces affirmations sont erronées, il n'existe pas de « recette miracle » pour
connaître
l'éventuelle
toxicité
d'un champignon, si ce n'est la connaissance des
champignons.
UN PEU D'HISTOIRE :
Les recherches récentes chez les peuples primitifs
nous apprennent que les rap-
ports fondamentaux de l'Homme et du Champignon sont d'ordre alimentaire ou
magique.
Les premières inscriptions connues actuellement
figurant un Champignon son celles d'un tombeau de pharaon (AMENEMHAT) datant de 1450 avant J.C.
De même un culte semblait voué au Champignon à l'époque précolombienne
(Xème
siècle
avant J.C), comme l'attestent des objets retrouvés au Guatemala,
au Salvador et au Mexique. Ces statuettes de pierre appelées « pierres-
champignons »
semblent avoir joué un rôle important dans la sorcellerie et les sacri-
fices mayas.
Le culte des Champignons sacrés hallucinogènes survit encore au Mexique, où
il est associé à la divination et aux pouvoirs du
sorcier.
Plus près de nous, à l'époque romaine, l'utilisation apparaît culinaire. Les Romains
raffolaient surtout de l'Oronge (Amanita caesarea, photos 42 , 42 bis
pages 76
et 77). Les fresques d'Herculanum (détruite en 79 après J.C.) mettent en valeur
les Lactaires délicieux, (photos 45 et 46, page 79). En outre, les Bolets et
les Pho-
liotes du Peuplier semblent en vogue à cette époque.
On a retrouvé certaines recettes de l'époque romaine grâce aux écrits d'Apicius
sur l'art culinaire.
On préparait les Champignons cuits dans du
miel, ou assaisonnés avec un con-
diment spécial
(l'oenogarum) à
base de vins sélectionnés et de viscères de pois-
sons conservés
dans la saumure.
Mais l'époque romaine connaît également les empoisonnements
occasionnés
par les Champignons. Les accidents devaient être relativement fréquents,
ainsi l'in-
toxication collective à laquelle
succombèrent tous
les convives d'un banquet y com-
pris Anneus Serenus, capitaine des gardes de Néron et ami de Sénèque. De nom-
breuses familles romaines périrent de
la sorte à cette époque.
De l'Antiquité au Moyen-Age, la toxicité des Champignons était attribuée non
à leur nature et espèce, mais à des agents extérieurs relevant de la magie, sinon
de la sorcellerie.
Cependant Pline
l'Ancien nous prouve (description à l'appui) que
les Amanites
mortelles
étaient connues et parfaitement distinguées de l'Amanite des césars. On
comprend
du reste fort bien que, de cette époque, datent les
premiers empoison-
nements criminels. Le plus célèbre est sans doute celui dont mourut l'empereur
Claude qui décéda après avoir mangé un grand plat
d'Oronges dont il était friand.
On
pense qu'Agrippine, qui souhaitait voir régner son fils Néron, aurait ajouté du
jus extrait d'Amanites
phalloïdes
au plat de l'empereur.
Dioscoride
attribuait leur toxicité à la présence de clous
rouilles ou à la proximité
d'un
repaire de Serpents ! Le Champignon au Moyen-Age passe pour issu de Satan.
De
ce passé, subsistent des noms évocateurs : « Bolet Satan », « Trompette de la
mort », « ronds de sorcières », « Oeufs du diable », « Oreille de Judas », etc..
En France,
l'Amanite phalloïde à elle seule cause de grands ravages jusqu'à la
fin du siècle dernier. Il fallut attendre les
travaux d'Elias Magnus Fries pour que la
science mycologique acquît ses lettres
de noblesse et pût codifier
parfaitement les
espèces comestibles et celles
dangereuses.
Les recherches récentes chez les peuples primitifs
nous apprennent que les rap-
ports fondamentaux de l'Homme et du Champignon sont d'ordre alimentaire ou
magique.
Les premières inscriptions connues actuellement
figurant un Champignon son celles d'un tombeau de pharaon (AMENEMHAT) datant de 1450 avant J.C.
De même un culte semblait voué au Champignon à l'époque précolombienne
(Xème siècle avant J.C), comme l'attestent des objets retrouvés au Guatemala,
au Salvador et au Mexique. Ces statuettes de pierre appelées « pierres-
champignons » semblent avoir joué un rôle important dans la sorcellerie et les sacri-
fices mayas.
(Xème siècle avant J.C), comme l'attestent des objets retrouvés au Guatemala,
au Salvador et au Mexique. Ces statuettes de pierre appelées « pierres-
champignons » semblent avoir joué un rôle important dans la sorcellerie et les sacri-
fices mayas.
Le culte des Champignons sacrés hallucinogènes survit encore au Mexique, où
il est associé à la divination et aux pouvoirs du sorcier.
il est associé à la divination et aux pouvoirs du sorcier.
Plus près de nous, à l'époque romaine, l'utilisation apparaît culinaire. Les Romains
raffolaient surtout de l'Oronge (Amanita caesarea, photos 42 , 42 bis pages 76
et 77). Les fresques d'Herculanum (détruite en 79 après J.C.) mettent en valeur
les Lactaires délicieux, (photos 45 et 46, page 79). En outre, les Bolets et les Pho-
liotes du Peuplier semblent en vogue à cette époque.
raffolaient surtout de l'Oronge (Amanita caesarea, photos 42 , 42 bis pages 76
et 77). Les fresques d'Herculanum (détruite en 79 après J.C.) mettent en valeur
les Lactaires délicieux, (photos 45 et 46, page 79). En outre, les Bolets et les Pho-
liotes du Peuplier semblent en vogue à cette époque.
On a retrouvé certaines recettes de l'époque romaine grâce aux écrits d'Apicius
sur l'art culinaire.
sur l'art culinaire.
On préparait les Champignons cuits dans du
miel, ou assaisonnés avec un con-
diment spécial (l'oenogarum) à base de vins sélectionnés et de viscères de pois-
sons conservés dans la saumure.
Mais l'époque romaine connaît également les empoisonnements
occasionnésdiment spécial (l'oenogarum) à base de vins sélectionnés et de viscères de pois-
sons conservés dans la saumure.
par les Champignons. Les accidents devaient être relativement fréquents, ainsi l'in-
toxication collective à laquelle succombèrent tous les convives d'un banquet y com-
pris Anneus Serenus, capitaine des gardes de Néron et ami de Sénèque. De nom-
breuses familles romaines périrent de la sorte à cette époque.
De l'Antiquité au Moyen-Age, la toxicité des Champignons était attribuée non
à leur nature et espèce, mais à des agents extérieurs relevant de la magie, sinon
de la sorcellerie.
à leur nature et espèce, mais à des agents extérieurs relevant de la magie, sinon
de la sorcellerie.
Cependant Pline
l'Ancien nous prouve (description à l'appui) que
les Amanites
mortelles étaient connues et parfaitement distinguées de l'Amanite des césars. On
comprend du reste fort bien que, de cette époque, datent les premiers empoison-
nements criminels. Le plus célèbre est sans doute celui dont mourut l'empereur
Claude qui décéda après avoir mangé un grand plat d'Oronges dont il était friand.
On pense qu'Agrippine, qui souhaitait voir régner son fils Néron, aurait ajouté du
jus extrait d'Amanites phalloïdes au plat de l'empereur.
mortelles étaient connues et parfaitement distinguées de l'Amanite des césars. On
comprend du reste fort bien que, de cette époque, datent les premiers empoison-
nements criminels. Le plus célèbre est sans doute celui dont mourut l'empereur
Claude qui décéda après avoir mangé un grand plat d'Oronges dont il était friand.
On pense qu'Agrippine, qui souhaitait voir régner son fils Néron, aurait ajouté du
jus extrait d'Amanites phalloïdes au plat de l'empereur.
Dioscoride
attribuait leur toxicité à la présence de clous
rouilles ou à la proximité
d'un repaire de Serpents ! Le Champignon au Moyen-Age passe pour issu de Satan.
De ce passé, subsistent des noms évocateurs : « Bolet Satan », « Trompette de la
mort », « ronds de sorcières », « Oeufs du diable », « Oreille de Judas », etc..
d'un repaire de Serpents ! Le Champignon au Moyen-Age passe pour issu de Satan.
De ce passé, subsistent des noms évocateurs : « Bolet Satan », « Trompette de la
mort », « ronds de sorcières », « Oeufs du diable », « Oreille de Judas », etc..
En France,
l'Amanite phalloïde à elle seule cause de grands ravages jusqu'à la
fin du siècle dernier. Il fallut attendre les travaux d'Elias Magnus Fries pour que la
science mycologique acquît ses lettres de noblesse et pût codifier parfaitement les
espèces comestibles et celles dangereuses.
fin du siècle dernier. Il fallut attendre les travaux d'Elias Magnus Fries pour que la
science mycologique acquît ses lettres de noblesse et pût codifier parfaitement les
espèces comestibles et celles dangereuses.
1.- Intoxication non liée à l'espèce :
A.- Conservation
:
On ne doit consommer que des exemplaires jeunes et en
bon état de conservation. En effet, les
Champignons âgés renferment
dans leur
chair des produits de décomposition plus
ou moins toxiques : ammoniaque, aci-
des,
et surtout dérivés d'aminés diverses analogues à des alcaloïdes toxiques, les
ptomaïnes (ou
cryptomaïnes). Ces substances
sont le fait d'actions chimiques,
d'oxydo-réductions ou d'actions indirectes des bactéries. De même, les Champi-
gnons
peuvent être parasités par des moisissures élaborant des
toxines rendant
leur
consommation dangereuse. C'est le cas de certains Marasmes, des Collybies
et
même de la Chanterelle qui peuvent être parasités par des
Hypomyces nocifs.
B.- Sensibilité personnelle : certaines personnes présentent une sensibilité par-
ticulière à des espèces réputées comestibles. Dans ce cas, les espèces ne sont pas
en
cause, mais plutôt la personne
qui les ingère. Ce phénomène d'intolérance peut
être dû à certaines substances (exemple : le tréhalose, sucre contenu dans Agari-
cus
campestris) ou à un phénomène de type
allergique vis-à-vis d'une espèce avec
apparition d'urticaire.
Plusieurs
Champignons (Gyromitres, Helvelles) consommés crus ou
insuffisam-
ment
cuits peuvent déclencher une hémolyse (destruction des globules rouges ou
hématies). Ce phénomène se retrouve chez d'autres Champignons contenant des
hémolysines (toxines provoquant une hémolyse), en particulier : Amanita fulva, Ama-
nita
vaginata et Amanita rubescens. Ces dernières substances
(hémolysines) sont
fragiles
à la température (thermolabiles) ; aussi l'ébullition et le
rejet de l'eau de
cuisson entraînent la destruction et l'élimination des principes
hydrosolubles.
La toxicité des Amanites mortelles n'est pas influencée par le mode de préparation.
Enfin, l'état du sujet peut déterminer
une intoxication ou une sensibilité indivi-
duelle. Ainsi une résistance
diminuée (débilité, vieillards, enfants, femmes encein-
tes), l'absorption d'alcool avec certains
Champignons (Coprin noir d'encre), l'état
pathologique antérieur du
sujet (maladie rénale, terrain allergique ou désordre diges-
tif) sont des facteurs prédisposant
aux intoxications.
C- Pollution : La pollution d'une espèce peut être le fait du terrain, d'une atta-
que
par des moisissures ou d'une souillure au moment de la récolte. Comme d'au-'
très végétaux les
Champignons peuvent concentrer des produits toxiques de leur
environnement : ainsi les Coprins des pelouses (Coprin chevelu) peuvent concen-
trer
les herbicides et présenter un
danger pour l'Homme. Même remarque en
ce
qui
concerne les espèces de bords de
route ou de champs de céréales. Nous avons
déjà évoqué l'attaque des
moisissures parasites, mais il reste à préciser le cas de
« souillure » au moment de la récolte. Ce peut être le cas d'un fragment de Cham-
pignon
dangereux mélangé à une récolte destinée à la table. Certaines spores peu-
vent
même occasionner des allergies, voire des
intoxications, si elles sont dépo-
sées sur des espèces
comestibles, d'où l'intérêt d'une
cueillette ordonnée et d'une
consommation rapide.
Enfin, pour mémoire, citons les cas d'intoxications psychiques où les convives
d'un repas, absolument anodin, convaincus d'avoir consommé une espèce mor-
telle, ont ressenti des symptômes
d'intoxication tels que diarrhées, vomissements
et troubles nerveux
importants !
A.- Conservation
:
On ne doit consommer que des exemplaires jeunes et en
bon état de conservation. En effet, les Champignons âgés renferment dans leur
chair des produits de décomposition plus ou moins toxiques : ammoniaque, aci-
des, et surtout dérivés d'aminés diverses analogues à des alcaloïdes toxiques, les
ptomaïnes (ou cryptomaïnes). Ces substances sont le fait d'actions chimiques,
d'oxydo-réductions ou d'actions indirectes des bactéries. De même, les Champi-
gnons peuvent être parasités par des moisissures élaborant des toxines rendant
leur consommation dangereuse. C'est le cas de certains Marasmes, des Collybies
et même de la Chanterelle qui peuvent être parasités par des Hypomyces nocifs.
bon état de conservation. En effet, les Champignons âgés renferment dans leur
chair des produits de décomposition plus ou moins toxiques : ammoniaque, aci-
des, et surtout dérivés d'aminés diverses analogues à des alcaloïdes toxiques, les
ptomaïnes (ou cryptomaïnes). Ces substances sont le fait d'actions chimiques,
d'oxydo-réductions ou d'actions indirectes des bactéries. De même, les Champi-
gnons peuvent être parasités par des moisissures élaborant des toxines rendant
leur consommation dangereuse. C'est le cas de certains Marasmes, des Collybies
et même de la Chanterelle qui peuvent être parasités par des Hypomyces nocifs.
B.- Sensibilité personnelle : certaines personnes présentent une sensibilité par-
ticulière à des espèces réputées comestibles. Dans ce cas, les espèces ne sont pas
en cause, mais plutôt la personne qui les ingère. Ce phénomène d'intolérance peut
être dû à certaines substances (exemple : le tréhalose, sucre contenu dans Agari-
cus campestris) ou à un phénomène de type allergique vis-à-vis d'une espèce avec
apparition d'urticaire.
Plusieurs Champignons (Gyromitres, Helvelles) consommés crus ou insuffisam-
ment cuits peuvent déclencher une hémolyse (destruction des globules rouges ou
hématies). Ce phénomène se retrouve chez d'autres Champignons contenant des
hémolysines (toxines provoquant une hémolyse), en particulier : Amanita fulva, Ama-
nita vaginata et Amanita rubescens. Ces dernières substances (hémolysines) sont
fragiles à la température (thermolabiles) ; aussi l'ébullition et le rejet de l'eau de
cuisson entraînent la destruction et l'élimination des principes hydrosolubles.
La toxicité des Amanites mortelles n'est pas influencée par le mode de préparation.
Enfin, l'état du sujet peut déterminer une intoxication ou une sensibilité indivi-
duelle. Ainsi une résistance diminuée (débilité, vieillards, enfants, femmes encein-
tes), l'absorption d'alcool avec certains Champignons (Coprin noir d'encre), l'état
pathologique antérieur du sujet (maladie rénale, terrain allergique ou désordre diges-
tif) sont des facteurs prédisposant aux intoxications.
C- Pollution : La pollution d'une espèce peut être le fait du terrain, d'une atta-
que par des moisissures ou d'une souillure au moment de la récolte. Comme d'au-'
très végétaux les Champignons peuvent concentrer des produits toxiques de leur
environnement : ainsi les Coprins des pelouses (Coprin chevelu) peuvent concen-
trer les herbicides et présenter un danger pour l'Homme. Même remarque en ce
qui concerne les espèces de bords de route ou de champs de céréales. Nous avons
déjà évoqué l'attaque des moisissures parasites, mais il reste à préciser le cas de
« souillure » au moment de la récolte. Ce peut être le cas d'un fragment de Cham-
pignon dangereux mélangé à une récolte destinée à la table. Certaines spores peu-
vent même occasionner des allergies, voire des intoxications, si elles sont dépo-
sées sur des espèces comestibles, d'où l'intérêt d'une cueillette ordonnée et d'une
consommation rapide.
que par des moisissures ou d'une souillure au moment de la récolte. Comme d'au-'
très végétaux les Champignons peuvent concentrer des produits toxiques de leur
environnement : ainsi les Coprins des pelouses (Coprin chevelu) peuvent concen-
trer les herbicides et présenter un danger pour l'Homme. Même remarque en ce
qui concerne les espèces de bords de route ou de champs de céréales. Nous avons
déjà évoqué l'attaque des moisissures parasites, mais il reste à préciser le cas de
« souillure » au moment de la récolte. Ce peut être le cas d'un fragment de Cham-
pignon dangereux mélangé à une récolte destinée à la table. Certaines spores peu-
vent même occasionner des allergies, voire des intoxications, si elles sont dépo-
sées sur des espèces comestibles, d'où l'intérêt d'une cueillette ordonnée et d'une
consommation rapide.
Enfin, pour mémoire, citons les cas d'intoxications psychiques où les convives
d'un repas, absolument anodin, convaincus d'avoir consommé une espèce mor-
telle, ont ressenti des symptômes d'intoxication tels que diarrhées, vomissements
et troubles nerveux importants !
d'un repas, absolument anodin, convaincus d'avoir consommé une espèce mor-
telle, ont ressenti des symptômes d'intoxication tels que diarrhées, vomissements
et troubles nerveux importants !
2.- Maladies dues aux Champignons microscopiques :
Moins connus
(car peu visibles) les Champignons microscopiques sont très nom-
breux (plusieurs
centaines de mille).
Certains
peuvent provoquer chez l'Homme des intoxications ou des maladies
graves,
directement ou indirectement (en étant présents dans la chaîne
alimentaire).
Les
atteintes directes sont les mycoses dont les plus connues sont les candidoses
et les teignes. Les
atteintes indirectes sont les mycotoxicoses alimentaires dues
à des moisissures des genres « Aspergillus, Pénicillium,
Fusarium et Claviceps »,
qui se développent sur les céréales, les fruits ou la paille.
A.- Mycoses
humaines : les Champignons microscopiques sont présents sur
notre
peau et dans notre corps. Dans certaines conditions (fatigue, surmenage ner-
veux,
état de la peau, dépression) ces hôtes paisibles
deviennent parasites. C'est
le cas de « Candida
albicans », qui peut déterminer chez l'Homme des « candi-
doses
» pouvant être : cutanées (zones
circulaires où la peau est rouge et sensi-
ble),
génitales, digestives (avec diarrhées), buccales (muguet très fréquent chez
le
nouveau-né) ou parfois même pulmonaires. Ces affections sont longues à soi-
gner,
récidivantes et semblent liées tout à la fois à une sensibilité personnelle et
aux
facteurs déclenchants évoqués ci-dessus.
Elles peuvent parfois évoluer bruta-
lement et entraîner la mort dans de rares cas.
« Histoplasma capsulatum » est l'agent d'une affection qui s'apparente par son
déroulement chez l'Homme à la tuberculose, c'est l'histoplasmose américaine ou
maladie
de DARLING. La source de contamination se trouve dans les poussières
souillées de déjections
animales, surtout de pigeons, de poules ou de chauves-souris.
L'histoplasmose
peut déclencher des épidémies qui
frappent des groupes de per-
sonnes exposées à une
contamination localisée. Ainsi,
historiquement, on évoque
la
responsabilité de l'histoplasmose dans l'importante
mortalité constatée parmi les
ouvriers
occupés au percement du canal de Panama (1906), contamination
liée
à la
nécessité de manipuler d'énormes masses de terre souillée.
Autre soupçon et même hypothèse : la terrible maladie qui frappa les premiers
archéologues découvrant les tombeaux des Pharaons serait due à l'inhalation de
spores
d'« Histoplasma » dans des galeries tapissées de déjections de chauves-
souris. La malédiction des Pharaons serait donc due à un Champignon !
B.- Mycotoxicoses alimentaires : les moisissures se développent sur des subs-
trats variés
(photo 21, page 63) et émettent plusieurs « toxines » qui sont, soit des
déchets
d'élimination
normaux (l'équivalent
de notre transpiration), soit des subs-
tances destinées à les protéger ou à favoriser leur croissance au détriment d'autres
plantes (phytotoxines), des Bactéries (substances où figurent les antibiotiques
employés
par l'Homme), ou des animaux (zootoxines).
« Aspergillus flavus ». Ce champignon peut produire des
flavotoxines qui sont
des toxines thermostables (résistantes à la chaleur). Elles occasionnent de
graves
pertes dans les élevages de porcs, de veaux et de dindons.
A l'origine, les « Aspergillus » se répandent sur les tourteaux d'oléagineux et intoxi-
quent les animaux qui les consomment. Ces toxines peuvent se retrouver dans le
lait des vaches (non sensibles) et atteindre l'Homme par la consommation de
pro-
duits laitiers contaminés.
Elles causent de graves affections
nerveuses et des cancers humains surtout dans
les pays du tiers-monde où l'état sanitaire des élevages n'est pas toujours
satisfaisant.
Parmi ces toxines, l'aflatoxine B.1 est le plus puissant cancérogène connu.
Les manifestations cliniques sont :
- crise aiguë : troubles hémorragiques, convulsions et
tremblements, parfois
léthargie.
Des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), des signes d'oedème.
La mort peut parfois survenir.
- crise chronique : l'intoxication chronique se traduit
par l'altération
de nom-
breux organes vitaux en particulier du
foie avec une hépatite atrophique, des can-
cers. Le tout dépendant de l'âge, du sexe et de la victime (y compris l'Homme) !
« Claviceps purpurea » - l'Ergot de Seigle : (photo 11, page 58).
L'ergotisme, plus connu sous les noms
de « feu
de Saint-Antoine », « peste du
feu » ou « mal des ardents », est une maladie connue depuis le
Vlllème
siècle.
Elle
est due au mélange
des sclérotes
(forme de résistance
du Champignon) et des grains
de Seigle. La misère du paysan au Moyen-Age l'obligeait en certaines saisons à
faire moudre les criblures ergotées et à en tirer du pain. Pendant plusieurs
siècles
cette maladie causa d'affreux ravages dans toute l'Europe (les premières épidé-
mies rapportées datent de l'an 945 à Paris).
Tableau clinique :
L'ergotisme évoluait en trois phases :
- les effets vaso-constricteurs (rétrécissement des vaisseaux) entraînaient le four-
millement des extrémités et un manque d'appétit),
- douleur intense puis convulsions dues
aux effets sur le système nerveux cen-
tral des substances chimiques responsables,
- atteinte des membres avec changement
de coloration, pâleur, puis carbonisa-
tion (noircissement des téguments) (d'où évocation d'un feu caché).
Le malade affaibli au plan physique
et nerveux tombait dans la folie, un délire
semé
d'hallucinations.
Vers 1813, à Lyon, COURHAIT décrit les premiers avortements
imputables à
l'Ergot de Seigle.
Substances chimiques : de longues recherches aboutirent à l'isolement, par
A. STOLL de Bâle,
puis A. HOFFMANN, de douze alcaloïdes, dont ia structure de
base est l'acide lysergique.
De nombreux médicaments à base' d'alcaloïdes de l'Ergot de Seigle ou de déri-
vés
sont utilisés de
nos jours pour la circulation cérébrale, le traitement des hémor-
ragies après
l'accouchement, contre les migraines, les insuffisances veineuses,
l'hypotension, etc..
A partir de l'ergobasine A. STOLL et
A. HOFFMANN synthétisèrent toute une
série
de dérivés de l'acide d- lysergique. Un soir,
en 1943, HOFFMANN, en ren-
trant chez lui à Bâle, ressentit une ivresse peuplée de visions : il faillit se faire écra-
ser par un tramway qu'il prit pour un éléphant rose (!).
Se doutant que ces effets étaient dus à l'un des dérivés préparés, il entreprit
de les tester à
tour de rôle.
Le dérivé numéro 25 de l'acide d- lysergique se révéla
être
le responsable des éléphants roses ! Ainsi était reconnu le diéthylamide de l'acide
d- lysergique plus connu sous le nom de L.S.D. 25...
Aventure étrange donc que celle de ce
Champignon qui commença à côtoyer
l'Homme en le tourmentant au Moyen-Age puis finalement livra ses secrets chimi-
ques pour le meilleur et pour le pire.
__________________________________________________
Autres Champignons :
D'autres Ergots (Claviceps
microcephala sur Molinia caerulea) et Charbons des
végétaux (Ustilago maydis sur le maïs) possèdent des propriétés similaires à l'Er-
got de Seigle.
Les mycotoxicoses dues aux
moisissures sont très nombreuses. Les contami-
nations se font en général par les spores présentes dans l'air. Dans le cas des
Agru-
mes (Oranges, Citrons, Pamplemousses, etc.), si les glandes oléifères de la pelure
sont lésées, l'huile ainsi libérée constitue un milieu favorable à la germination des
spores et à la
prolifération
des moisissures.
Mais si les moisissures se développent facilement, bien souvent,
elles ne pro-
duisent pas de toxines, les conditions écologiques nécessaires à la fabrication de
ces substances étant généralement plus rarement réunies que celles permettant
le développement
du micro organismes. L'échelle des températures favorables est
très
variable : 27° C.
est en général l'optimum, mais on a découvert des <,< Fusa-
rium » et
des « Pénicillium » se développant à 0° C. De même certaines souches
de «
Fusarium »
sont capables de synthétiser des toxines à des températures de
moins 2° C. à plus 10° C.
Une dernière remarque : si le genre « Aspergillus » renferme des espèces haute-
ment dangereuses, il ne faut pas oublier que les pénicillines F ou G sont isolées
des cultures d'« Aspergillus
». De même pour le genre « Pénicillium », d'où la péni-
cilline fut extraite pour la première fois par Sir Alexander FLEMING du « Pénicillium
notatum ». Ainsi,
tout comme l'« Ergot de
Seigle », les
Champignons microscopi-
ques nous confirment la richesse d'invention de la nature et son extraordinaire
poten-
tiel mi-ange, mi-démon,
selon l'usage que l'on en fait.
Moins connus
(car peu visibles) les Champignons microscopiques sont très nom-
breux (plusieurs centaines de mille).
breux (plusieurs centaines de mille).
Certains
peuvent provoquer chez l'Homme des intoxications ou des maladies
graves, directement ou indirectement (en étant présents dans la chaîne alimentaire).
Les atteintes directes sont les mycoses dont les plus connues sont les candidoses
et les teignes. Les atteintes indirectes sont les mycotoxicoses alimentaires dues
à des moisissures des genres « Aspergillus, Pénicillium, Fusarium et Claviceps »,
qui se développent sur les céréales, les fruits ou la paille.
graves, directement ou indirectement (en étant présents dans la chaîne alimentaire).
Les atteintes directes sont les mycoses dont les plus connues sont les candidoses
et les teignes. Les atteintes indirectes sont les mycotoxicoses alimentaires dues
à des moisissures des genres « Aspergillus, Pénicillium, Fusarium et Claviceps »,
qui se développent sur les céréales, les fruits ou la paille.
A.- Mycoses
humaines : les Champignons microscopiques sont présents sur
notre peau et dans notre corps. Dans certaines conditions (fatigue, surmenage ner-
veux, état de la peau, dépression) ces hôtes paisibles deviennent parasites. C'est
le cas de « Candida albicans », qui peut déterminer chez l'Homme des « candi-
doses » pouvant être : cutanées (zones circulaires où la peau est rouge et sensi-
ble), génitales, digestives (avec diarrhées), buccales (muguet très fréquent chez
le nouveau-né) ou parfois même pulmonaires. Ces affections sont longues à soi-
gner, récidivantes et semblent liées tout à la fois à une sensibilité personnelle et
aux facteurs déclenchants évoqués ci-dessus. Elles peuvent parfois évoluer bruta-
lement et entraîner la mort dans de rares cas.
notre peau et dans notre corps. Dans certaines conditions (fatigue, surmenage ner-
veux, état de la peau, dépression) ces hôtes paisibles deviennent parasites. C'est
le cas de « Candida albicans », qui peut déterminer chez l'Homme des « candi-
doses » pouvant être : cutanées (zones circulaires où la peau est rouge et sensi-
ble), génitales, digestives (avec diarrhées), buccales (muguet très fréquent chez
le nouveau-né) ou parfois même pulmonaires. Ces affections sont longues à soi-
gner, récidivantes et semblent liées tout à la fois à une sensibilité personnelle et
aux facteurs déclenchants évoqués ci-dessus. Elles peuvent parfois évoluer bruta-
lement et entraîner la mort dans de rares cas.
« Histoplasma capsulatum » est l'agent d'une affection qui s'apparente par son
déroulement chez l'Homme à la tuberculose, c'est l'histoplasmose américaine ou
maladie de DARLING. La source de contamination se trouve dans les poussières
souillées de déjections animales, surtout de pigeons, de poules ou de chauves-souris.
L'histoplasmose peut déclencher des épidémies qui frappent des groupes de per-
sonnes exposées à une contamination localisée. Ainsi, historiquement, on évoque
la responsabilité de l'histoplasmose dans l'importante mortalité constatée parmi les
ouvriers occupés au percement du canal de Panama (1906), contamination liée
à la nécessité de manipuler d'énormes masses de terre souillée.
déroulement chez l'Homme à la tuberculose, c'est l'histoplasmose américaine ou
maladie de DARLING. La source de contamination se trouve dans les poussières
souillées de déjections animales, surtout de pigeons, de poules ou de chauves-souris.
L'histoplasmose peut déclencher des épidémies qui frappent des groupes de per-
sonnes exposées à une contamination localisée. Ainsi, historiquement, on évoque
la responsabilité de l'histoplasmose dans l'importante mortalité constatée parmi les
ouvriers occupés au percement du canal de Panama (1906), contamination liée
à la nécessité de manipuler d'énormes masses de terre souillée.
Autre soupçon et même hypothèse : la terrible maladie qui frappa les premiers
archéologues découvrant les tombeaux des Pharaons serait due à l'inhalation de
spores d'« Histoplasma » dans des galeries tapissées de déjections de chauves-
souris. La malédiction des Pharaons serait donc due à un Champignon !
archéologues découvrant les tombeaux des Pharaons serait due à l'inhalation de
spores d'« Histoplasma » dans des galeries tapissées de déjections de chauves-
souris. La malédiction des Pharaons serait donc due à un Champignon !
B.- Mycotoxicoses alimentaires : les moisissures se développent sur des subs-
trats variés (photo 21, page 63) et émettent plusieurs « toxines » qui sont, soit des
déchets d'élimination normaux (l'équivalent de notre transpiration), soit des subs-
tances destinées à les protéger ou à favoriser leur croissance au détriment d'autres
plantes (phytotoxines), des Bactéries (substances où figurent les antibiotiques
employés par l'Homme), ou des animaux (zootoxines).
trats variés (photo 21, page 63) et émettent plusieurs « toxines » qui sont, soit des
déchets d'élimination normaux (l'équivalent de notre transpiration), soit des subs-
tances destinées à les protéger ou à favoriser leur croissance au détriment d'autres
plantes (phytotoxines), des Bactéries (substances où figurent les antibiotiques
employés par l'Homme), ou des animaux (zootoxines).
« Aspergillus flavus ». Ce champignon peut produire des
flavotoxines qui sont
des toxines thermostables (résistantes à la chaleur). Elles occasionnent de graves
pertes dans les élevages de porcs, de veaux et de dindons.
des toxines thermostables (résistantes à la chaleur). Elles occasionnent de graves
pertes dans les élevages de porcs, de veaux et de dindons.
A l'origine, les « Aspergillus » se répandent sur les tourteaux d'oléagineux et intoxi-
quent les animaux qui les consomment. Ces toxines peuvent se retrouver dans le
lait des vaches (non sensibles) et atteindre l'Homme par la consommation de pro-
duits laitiers contaminés.
quent les animaux qui les consomment. Ces toxines peuvent se retrouver dans le
lait des vaches (non sensibles) et atteindre l'Homme par la consommation de pro-
duits laitiers contaminés.
Elles causent de graves affections
nerveuses et des cancers humains surtout dans
les pays du tiers-monde où l'état sanitaire des élevages n'est pas toujours
satisfaisant.
les pays du tiers-monde où l'état sanitaire des élevages n'est pas toujours
satisfaisant.
Parmi ces toxines, l'aflatoxine B.1 est le plus puissant cancérogène connu.
Les manifestations cliniques sont :
- crise aiguë : troubles hémorragiques, convulsions et
tremblements, parfois
léthargie. Des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), des signes d'oedème.
La mort peut parfois survenir.
léthargie. Des troubles digestifs (diarrhées, vomissements), des signes d'oedème.
La mort peut parfois survenir.
- crise chronique : l'intoxication chronique se traduit
par l'altération
de nom-
breux organes vitaux en particulier du foie avec une hépatite atrophique, des can-
cers. Le tout dépendant de l'âge, du sexe et de la victime (y compris l'Homme) !
breux organes vitaux en particulier du foie avec une hépatite atrophique, des can-
cers. Le tout dépendant de l'âge, du sexe et de la victime (y compris l'Homme) !
« Claviceps purpurea » - l'Ergot de Seigle : (photo 11, page 58).
L'ergotisme, plus connu sous les noms
de « feu
de Saint-Antoine », « peste du
feu » ou « mal des ardents », est une maladie connue depuis le Vlllème siècle. Elle
est due au mélange des sclérotes (forme de résistance du Champignon) et des grains
de Seigle. La misère du paysan au Moyen-Age l'obligeait en certaines saisons à
faire moudre les criblures ergotées et à en tirer du pain. Pendant plusieurs siècles
cette maladie causa d'affreux ravages dans toute l'Europe (les premières épidé-
mies rapportées datent de l'an 945 à Paris).
feu » ou « mal des ardents », est une maladie connue depuis le Vlllème siècle. Elle
est due au mélange des sclérotes (forme de résistance du Champignon) et des grains
de Seigle. La misère du paysan au Moyen-Age l'obligeait en certaines saisons à
faire moudre les criblures ergotées et à en tirer du pain. Pendant plusieurs siècles
cette maladie causa d'affreux ravages dans toute l'Europe (les premières épidé-
mies rapportées datent de l'an 945 à Paris).
Tableau clinique :
L'ergotisme évoluait en trois phases :
- les effets vaso-constricteurs (rétrécissement des vaisseaux) entraînaient le four-
millement des extrémités et un manque d'appétit),
millement des extrémités et un manque d'appétit),
- douleur intense puis convulsions dues
aux effets sur le système nerveux cen-
tral des substances chimiques responsables,
tral des substances chimiques responsables,
- atteinte des membres avec changement
de coloration, pâleur, puis carbonisa-
tion (noircissement des téguments) (d'où évocation d'un feu caché).
tion (noircissement des téguments) (d'où évocation d'un feu caché).
Le malade affaibli au plan physique
et nerveux tombait dans la folie, un délire
semé d'hallucinations.
semé d'hallucinations.
Vers 1813, à Lyon, COURHAIT décrit les premiers avortements
imputables à
l'Ergot de Seigle.
l'Ergot de Seigle.
Substances chimiques : de longues recherches aboutirent à l'isolement, par
A. STOLL de Bâle, puis A. HOFFMANN, de douze alcaloïdes, dont ia structure de
base est l'acide lysergique.
A. STOLL de Bâle, puis A. HOFFMANN, de douze alcaloïdes, dont ia structure de
base est l'acide lysergique.
De nombreux médicaments à base' d'alcaloïdes de l'Ergot de Seigle ou de déri-
vés sont utilisés de nos jours pour la circulation cérébrale, le traitement des hémor-
ragies après l'accouchement, contre les migraines, les insuffisances veineuses,
l'hypotension, etc..
vés sont utilisés de nos jours pour la circulation cérébrale, le traitement des hémor-
ragies après l'accouchement, contre les migraines, les insuffisances veineuses,
l'hypotension, etc..
A partir de l'ergobasine A. STOLL et
A. HOFFMANN synthétisèrent toute une
série de dérivés de l'acide d- lysergique. Un soir, en 1943, HOFFMANN, en ren-
trant chez lui à Bâle, ressentit une ivresse peuplée de visions : il faillit se faire écra-
ser par un tramway qu'il prit pour un éléphant rose (!).
série de dérivés de l'acide d- lysergique. Un soir, en 1943, HOFFMANN, en ren-
trant chez lui à Bâle, ressentit une ivresse peuplée de visions : il faillit se faire écra-
ser par un tramway qu'il prit pour un éléphant rose (!).
Se doutant que ces effets étaient dus à l'un des dérivés préparés, il entreprit
de les tester à tour de rôle. Le dérivé numéro 25 de l'acide d- lysergique se révéla
être le responsable des éléphants roses ! Ainsi était reconnu le diéthylamide de l'acide
d- lysergique plus connu sous le nom de L.S.D. 25...
de les tester à tour de rôle. Le dérivé numéro 25 de l'acide d- lysergique se révéla
être le responsable des éléphants roses ! Ainsi était reconnu le diéthylamide de l'acide
d- lysergique plus connu sous le nom de L.S.D. 25...
Aventure étrange donc que celle de ce
Champignon qui commença à côtoyer
l'Homme en le tourmentant au Moyen-Age puis finalement livra ses secrets chimi-
ques pour le meilleur et pour le pire.
l'Homme en le tourmentant au Moyen-Age puis finalement livra ses secrets chimi-
ques pour le meilleur et pour le pire.
__________________________________________________
Autres Champignons :
D'autres Ergots (Claviceps
microcephala sur Molinia caerulea) et Charbons des
végétaux (Ustilago maydis sur le maïs) possèdent des propriétés similaires à l'Er-
got de Seigle.
végétaux (Ustilago maydis sur le maïs) possèdent des propriétés similaires à l'Er-
got de Seigle.
Les mycotoxicoses dues aux
moisissures sont très nombreuses. Les contami-
nations se font en général par les spores présentes dans l'air. Dans le cas des Agru-
mes (Oranges, Citrons, Pamplemousses, etc.), si les glandes oléifères de la pelure
sont lésées, l'huile ainsi libérée constitue un milieu favorable à la germination des
spores et à la prolifération des moisissures.
nations se font en général par les spores présentes dans l'air. Dans le cas des Agru-
mes (Oranges, Citrons, Pamplemousses, etc.), si les glandes oléifères de la pelure
sont lésées, l'huile ainsi libérée constitue un milieu favorable à la germination des
spores et à la prolifération des moisissures.
Mais si les moisissures se développent facilement, bien souvent,
elles ne pro-
duisent pas de toxines, les conditions écologiques nécessaires à la fabrication de
ces substances étant généralement plus rarement réunies que celles permettant
le développement du micro organismes. L'échelle des températures favorables est
très variable : 27° C. est en général l'optimum, mais on a découvert des <,< Fusa-
rium » et des « Pénicillium » se développant à 0° C. De même certaines souches
de « Fusarium » sont capables de synthétiser des toxines à des températures de
moins 2° C. à plus 10° C.
duisent pas de toxines, les conditions écologiques nécessaires à la fabrication de
ces substances étant généralement plus rarement réunies que celles permettant
le développement du micro organismes. L'échelle des températures favorables est
très variable : 27° C. est en général l'optimum, mais on a découvert des <,< Fusa-
rium » et des « Pénicillium » se développant à 0° C. De même certaines souches
de « Fusarium » sont capables de synthétiser des toxines à des températures de
moins 2° C. à plus 10° C.
Une dernière remarque : si le genre « Aspergillus » renferme des espèces haute-
ment dangereuses, il ne faut pas oublier que les pénicillines F ou G sont isolées
des cultures d'« Aspergillus ». De même pour le genre « Pénicillium », d'où la péni-
cilline fut extraite pour la première fois par Sir Alexander FLEMING du « Pénicillium
notatum ». Ainsi, tout comme l'« Ergot de Seigle », les Champignons microscopi-
ques nous confirment la richesse d'invention de la nature et son extraordinaire poten-
tiel mi-ange, mi-démon, selon l'usage que l'on en fait.
ment dangereuses, il ne faut pas oublier que les pénicillines F ou G sont isolées
des cultures d'« Aspergillus ». De même pour le genre « Pénicillium », d'où la péni-
cilline fut extraite pour la première fois par Sir Alexander FLEMING du « Pénicillium
notatum ». Ainsi, tout comme l'« Ergot de Seigle », les Champignons microscopi-
ques nous confirment la richesse d'invention de la nature et son extraordinaire poten-
tiel mi-ange, mi-démon, selon l'usage que l'on en fait.
3.- Intoxications dues à la consommation de
Champignons supérieurs.
Il paraît utile de rappeler ici qu'il n'existe pas de recette
miracle pour discerner
le
bon Champignon du dangereux. Seule la parfaite connaissance des caractères
botaniques
des Champignons permet des les différencier. Cette
connaissance s'ac-
quiert
par l'étude livresque et par l'étude sur le terrain, si possible au cours des
nombreuses
sorties organisées par la Société Mycologique de
VQtre région et qui
sont encadrée's par des mycologues avertis.
A.- Signes évocateurs d'une intoxication :
C'est
l'apparition d'un ou de plusieurs de ces signes après l'ingestion d'un plat
de
Champignons qui devra faire penser à une
intoxication éventuelle, en gardant
bien
à l'esprit que la gravité est en rapport avec le délai d'apparition des symptô-
.mes après le repas :
- Intoxications
non mortelles en général si les premiers signes apparaissent de
1 à 4 heures après l'ingestion.
- Intoxications toujours très graves si le délai d'apparition dépasse 8 heures.
Principaux
signes :
"-
troubles oculaires (dilatation ou rétrécissement des pupilles).
- fièvre ou inversement extrémités refroidies,
- augmentation des sécrétions : hypersudation et
hypersalivation,
- troubles nerveux
: excitation avec phase d'ébriété suivie d'une
phase hypnotique,
- troubles
psychiques : hallucinations visuelles et troubles mentaux (mémoire,
imagination),
- troubles
digestifs : nausées, douleurs
abdominales, diarrhées,
vomissements.
B.- Syndrome à longue incubation.
1.- Syndrome
phalloïdien :
Les espèces en cause sont les trois Amanites mortelles : Amanita
phalloïdes,
Amanita
virosa et Amanita verna. Leur description en sera do nnée ci-après (photo
22, page 63). Cette
intoxication est dominée par deux faits primordiaux :
- les premiers
signes n'apparaissent que 8 à 12 heures après l'ingestion et se
traduisent par des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrhées
importantes.
- Les toxines en
cause (amatoxines et phallotoxines) détruisent les
cellules, en
particulier celles du foie et des reins dès le début de l'intoxication et ces organes
nobles sont déjà endommagés lorsque surviennent les premiers symptômes. On
note également une hémolyse, des troubles de la coagulation et une forte déshy-
dratation (crampes, soif
intense).
(L'Entolome
livide provoque des intoxications similaires mais rarement mortelles).
Soins urgents :
• Rechauffer le
malade (couverture) et le mettre en position allongée.
• Prévenir le médecin
d'urgence.
• Réhydrater le malade en évitant tout alcool.
Pronostic et soins actuels :
L'Amanite phalloïde est de loin (95 % des cas) la
cause la plus fréquente d'in-
toxication mortelle par les Champignons. Un malade hospitalisé précocement (dès
l'apparition des premiers troubles) doit en principe pouvoir être sauvé sauf s'il s'agit
d'une personne particulièrement fragile (enfant, vieillard, insuffisant rénal, etc.).
Le traitement en milieu hospitalier
vise à
calmer les vomissements, à essayer
d'éliminer
les toxines encore présentes dans l'appareil digestif (sérum de l'Institut
Pasteur), à réhydrater le sujet (perfusions) et à surveiller l'état rénal et cardiaque.
___________________________________________________________________
La méthode du Docteur BASTIEN :
Le Docteur BASTIEN de Remiremont
(Vosges) préconise
un traitement
d'urgence alliant :
- traitement de désinfection par la bouche : sulfamides
(nifuroxazide) et
antibiotiques (ou dishydrostreptomycine et néomycine).
- vitamine C en injection
intraveineuse.
Ce traitement d'urgence, très controversé, semble donner d'excellents
résultats.
Il est appliqué
dans plusieurs centres hospitaliers ou centres anti-
poisons, où il
est associé à d'autres techniques d'urgence
permettant d'en-
visager un bon pronostic. En fait, les antiseptiques intestinaux qui diminue-
raient l'absorption intestinale des toxines (selon le Docteur BASTIEN) ne peu-
vent être
efficaces que si ce traitement est rapidement mis en œuvre (24
à 36
heures au plus tard après l'ingestion des Amanites mortelles).
________________________________________________________________
2.- Syndromes paraphalloïdien :
• Syndrome orellanien :
Les espèces en cause appartiennent au genre
Cortinarius : «
Cortinarius orella-
nus », « Cortinarius splendens », « Cortinarius phoeniceus », « Cortinarius cinnamo-
meus », « Cortinarius semisanguineus », etc.. (voir photos 26 à 28, pages 67 et 68).
Cette intoxication rappelle celle des
Amanites mortelles :
- incubation très longue (de 3 à 7 jours)
- troubles gastro-intestinaux avec soif
intense et frissons
- douleurs articulaires
- signes méningés (maux de tête, convulsions).
Elle est caractérisée par le fait que les toxines
attaquent la foie et surtout les reins.
Ainsi, en 1979, le Cortinarius splendens fut impliqué dans une quinzaine d'intoxi-
cations dans la région lyonnaise, provoquant de graves lésions rénales, imposant
aux victimes l'usage du rein artificiel. Dans ce cas le traitement mis en
oeuvre se
rapproche de celui appliqué aux intoxications phalloïdiennes en surveillant plus par-
ticulièrement
la fonction rénale,
la guérison
peut survenir après plusieurs mois.
Syndrome helvéolien :
Les espèces en cause appartiennent aux espèces voisines de « Lepiota helveola ».
Celle-ci a la particularité de pousser dans les jardins et les friches. Les symptômes
sont ceux du syndrome phalloïdien mais atténués avec des risques mortels moin-
dres (la dose mortelle nécessite un poids de Chanfpignons élevé).
3.- Syndrome gyromitrien :
Il s'agit ici
d'intoxications accidentelles (parfois mortelles) dues à des Champi-
gnons comestibles.
Rares en
France, elles sont plus fréquentes en
Europe Centrale.
Les Champignons
en cause : « Gyromitra esculenta » « Helvella
crispa » et une
Pézize (« Sarcosphaera coronaria ») sont tous
trois des Ascomycètes et ne possè-
dent pas de lamelles.
La toxine est
l'acide helvellique qui est détruit par la
chaleur. L'intoxication se
déclare donc après consommation
du Champignon à l'état cru ou
insuffisamment-
cuit.
Une bonne cuisson et le rejet de l'eau de cuisson éviteront ces accidents rare-
ment
mortels, mais qui provoquent des troubles gastro-intestinaux après une incu-
bation
longue (de 8 à 24 heures) rappelant une intoxication
phalloïdienne, avec
oour particularité une hépatite grave.
C- Syndromes à courte durée d'incubation :
1.- Syndrome
panthérinien (ou muscarien) :
Les espèces responsables sont « Amanita pantherina » et surtout « Amanita mus-
caria
» (voir photos 24 et 25) confondues
respectivement avec « Amanita rubes-
cens
» (photos 40 et 41 ) ou « Amanita spissa » et « Amanita caesarea » (voir pho-
tos 42 et 42 bis, pages
76 et 77).
Nous vous renvoyons aux descriptions
botaniques de ces Champignons.
L'effet
muscarien ou mycoatropinien est dû
essentiellement au muscimol qui pro-
voque
confusion mentale et endormissement profond. On trouve également de la
bufoténine, une substance à action
psychotrope de structure chimique (noyau indo-
lique) proche de la psilocine et de la psilocybine extraits des Champignons
halluci-
nogènes du Mexique. Cette substance provoque de graves
troubles psychomoteurs
(délire, hallucinations), une diminution de la sécrétion salivaire.
La muscarine est
également présente, mais à des doses très faibles, elle serait responsable des pro-
priétés insecticides à l'origine de la dénomination « tue-mouches ».
L'intoxication débute après une courte
incubation (1 à 4 heures) et se manifeste
par
des troubles de l'équilibre, des
douleurs abdominales suivies de diarrhées et
de
vomissements. Puis survient une phase d'excitation due à la bufoténine à laquelle
succède un profond sommeil. Au réveil, l'intoxiqué ressent une
lassitude qui dure
plusieurs jours. Le traitement consiste en une réhydratation et l'emploi de sédatifs
légers.
Cette
intoxication est très rarement
mortelle. En effet, la dose mortelle (200 à
300
grammes) est rarement ingérée et la toxicité des substances
actives est faible.
Toutefois, la tolérance individuelle peut modifier ces
données.
2.- Syndrome
sudorien :
Les Champignons
responsables contiennent tous des doses élevées de musca-
rine. Ce sont
essentiellement des Inocybes et des Clitocybes.
La muscarine est un alcaloïde qui provoque :
- une hypersécrétion de
l'appareil digestif avec douleurs abdominales, vomisse-
ments, diarrhées, etc..
- hypersalivation et hypersudation : « l'intoxiqué mouille ses draps »
- hypersécrétion nasale et bronchique avec
larmoiement peu marqué
- cœur ralenti, pupilles rétrécies avec troubles visuels.
Ce tableau
alarmant peut être combattu efficacement ; on doit
surtout réhydra-
ter le sujet. Dans ce type d'intoxication, l'atropine est l'antidote spécifique de la
muscarine.
Il paraît utile de rappeler ici qu'il n'existe pas de recette
miracle pour discerner
le bon Champignon du dangereux. Seule la parfaite connaissance des caractères
botaniques des Champignons permet des les différencier. Cette connaissance s'ac-
quiert par l'étude livresque et par l'étude sur le terrain, si possible au cours des
nombreuses sorties organisées par la Société Mycologique de VQtre région et qui
sont encadrée's par des mycologues avertis.
le bon Champignon du dangereux. Seule la parfaite connaissance des caractères
botaniques des Champignons permet des les différencier. Cette connaissance s'ac-
quiert par l'étude livresque et par l'étude sur le terrain, si possible au cours des
nombreuses sorties organisées par la Société Mycologique de VQtre région et qui
sont encadrée's par des mycologues avertis.
A.- Signes évocateurs d'une intoxication :
C'est
l'apparition d'un ou de plusieurs de ces signes après l'ingestion d'un plat
de Champignons qui devra faire penser à une intoxication éventuelle, en gardant
bien à l'esprit que la gravité est en rapport avec le délai d'apparition des symptô-
.mes après le repas :
de Champignons qui devra faire penser à une intoxication éventuelle, en gardant
bien à l'esprit que la gravité est en rapport avec le délai d'apparition des symptô-
.mes après le repas :
- Intoxications
non mortelles en général si les premiers signes apparaissent de
1 à 4 heures après l'ingestion.
1 à 4 heures après l'ingestion.
- Intoxications toujours très graves si le délai d'apparition dépasse 8 heures.
Principaux
signes :
"-
troubles oculaires (dilatation ou rétrécissement des pupilles).
- fièvre ou inversement extrémités refroidies,
- augmentation des sécrétions : hypersudation et
hypersalivation,
- troubles nerveux
: excitation avec phase d'ébriété suivie d'une
phase hypnotique,
- troubles
psychiques : hallucinations visuelles et troubles mentaux (mémoire,
imagination),
imagination),
- troubles
digestifs : nausées, douleurs
abdominales, diarrhées,
vomissements.
B.- Syndrome à longue incubation.
1.- Syndrome
phalloïdien :
Les espèces en cause sont les trois Amanites mortelles : Amanita
phalloïdes,
Amanita virosa et Amanita verna. Leur description en sera do nnée ci-après (photo
22, page 63). Cette intoxication est dominée par deux faits primordiaux :
Amanita virosa et Amanita verna. Leur description en sera do nnée ci-après (photo
22, page 63). Cette intoxication est dominée par deux faits primordiaux :
- les premiers
signes n'apparaissent que 8 à 12 heures après l'ingestion et se
traduisent par des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrhées
importantes.
traduisent par des douleurs abdominales, des vomissements et des diarrhées
importantes.
- Les toxines en
cause (amatoxines et phallotoxines) détruisent les
cellules, en
particulier celles du foie et des reins dès le début de l'intoxication et ces organes
nobles sont déjà endommagés lorsque surviennent les premiers symptômes. On
note également une hémolyse, des troubles de la coagulation et une forte déshy-
dratation (crampes, soif intense).
particulier celles du foie et des reins dès le début de l'intoxication et ces organes
nobles sont déjà endommagés lorsque surviennent les premiers symptômes. On
note également une hémolyse, des troubles de la coagulation et une forte déshy-
dratation (crampes, soif intense).
(L'Entolome
livide provoque des intoxications similaires mais rarement mortelles).
Soins urgents :
• Rechauffer le
malade (couverture) et le mettre en position allongée.
• Prévenir le médecin
d'urgence.
• Réhydrater le malade en évitant tout alcool.
Pronostic et soins actuels :
L'Amanite phalloïde est de loin (95 % des cas) la
cause la plus fréquente d'in-
toxication mortelle par les Champignons. Un malade hospitalisé précocement (dès
l'apparition des premiers troubles) doit en principe pouvoir être sauvé sauf s'il s'agit
d'une personne particulièrement fragile (enfant, vieillard, insuffisant rénal, etc.).
toxication mortelle par les Champignons. Un malade hospitalisé précocement (dès
l'apparition des premiers troubles) doit en principe pouvoir être sauvé sauf s'il s'agit
d'une personne particulièrement fragile (enfant, vieillard, insuffisant rénal, etc.).
Le traitement en milieu hospitalier
vise à
calmer les vomissements, à essayer
d'éliminer les toxines encore présentes dans l'appareil digestif (sérum de l'Institut
Pasteur), à réhydrater le sujet (perfusions) et à surveiller l'état rénal et cardiaque.
d'éliminer les toxines encore présentes dans l'appareil digestif (sérum de l'Institut
Pasteur), à réhydrater le sujet (perfusions) et à surveiller l'état rénal et cardiaque.
___________________________________________________________________
La méthode du Docteur BASTIEN :
Le Docteur BASTIEN de Remiremont
(Vosges) préconise
un traitement
d'urgence alliant :
d'urgence alliant :
- traitement de désinfection par la bouche : sulfamides
(nifuroxazide) et
antibiotiques (ou dishydrostreptomycine et néomycine).
antibiotiques (ou dishydrostreptomycine et néomycine).
- vitamine C en injection
intraveineuse.
Ce traitement d'urgence, très controversé, semble donner d'excellents
résultats. Il est appliqué dans plusieurs centres hospitaliers ou centres anti-
poisons, où il est associé à d'autres techniques d'urgence permettant d'en-
visager un bon pronostic. En fait, les antiseptiques intestinaux qui diminue-
raient l'absorption intestinale des toxines (selon le Docteur BASTIEN) ne peu-
vent être efficaces que si ce traitement est rapidement mis en œuvre (24
à 36 heures au plus tard après l'ingestion des Amanites mortelles).
résultats. Il est appliqué dans plusieurs centres hospitaliers ou centres anti-
poisons, où il est associé à d'autres techniques d'urgence permettant d'en-
visager un bon pronostic. En fait, les antiseptiques intestinaux qui diminue-
raient l'absorption intestinale des toxines (selon le Docteur BASTIEN) ne peu-
vent être efficaces que si ce traitement est rapidement mis en œuvre (24
à 36 heures au plus tard après l'ingestion des Amanites mortelles).
________________________________________________________________
2.- Syndromes paraphalloïdien :
• Syndrome orellanien :
Les espèces en cause appartiennent au genre
Cortinarius : «
Cortinarius orella-
nus », « Cortinarius splendens », « Cortinarius phoeniceus », « Cortinarius cinnamo-
meus », « Cortinarius semisanguineus », etc.. (voir photos 26 à 28, pages 67 et 68).
nus », « Cortinarius splendens », « Cortinarius phoeniceus », « Cortinarius cinnamo-
meus », « Cortinarius semisanguineus », etc.. (voir photos 26 à 28, pages 67 et 68).
Cette intoxication rappelle celle des
Amanites mortelles :
- incubation très longue (de 3 à 7 jours)
- troubles gastro-intestinaux avec soif
intense et frissons
- douleurs articulaires
- signes méningés (maux de tête, convulsions).
Elle est caractérisée par le fait que les toxines
attaquent la foie et surtout les reins.
Ainsi, en 1979, le Cortinarius splendens fut impliqué dans une quinzaine d'intoxi-
cations dans la région lyonnaise, provoquant de graves lésions rénales, imposant
aux victimes l'usage du rein artificiel. Dans ce cas le traitement mis en oeuvre se
rapproche de celui appliqué aux intoxications phalloïdiennes en surveillant plus par-
ticulièrement la fonction rénale, la guérison peut survenir après plusieurs mois.
Ainsi, en 1979, le Cortinarius splendens fut impliqué dans une quinzaine d'intoxi-
cations dans la région lyonnaise, provoquant de graves lésions rénales, imposant
aux victimes l'usage du rein artificiel. Dans ce cas le traitement mis en oeuvre se
rapproche de celui appliqué aux intoxications phalloïdiennes en surveillant plus par-
ticulièrement la fonction rénale, la guérison peut survenir après plusieurs mois.
Syndrome helvéolien :
Les espèces en cause appartiennent aux espèces voisines de « Lepiota helveola ».
Celle-ci a la particularité de pousser dans les jardins et les friches. Les symptômes
sont ceux du syndrome phalloïdien mais atténués avec des risques mortels moin-
dres (la dose mortelle nécessite un poids de Chanfpignons élevé).
Celle-ci a la particularité de pousser dans les jardins et les friches. Les symptômes
sont ceux du syndrome phalloïdien mais atténués avec des risques mortels moin-
dres (la dose mortelle nécessite un poids de Chanfpignons élevé).
3.- Syndrome gyromitrien :
Il s'agit ici
d'intoxications accidentelles (parfois mortelles) dues à des Champi-
gnons comestibles.
gnons comestibles.
Rares en
France, elles sont plus fréquentes en
Europe Centrale.
Les Champignons
en cause : « Gyromitra esculenta » « Helvella
crispa » et une
Pézize (« Sarcosphaera coronaria ») sont tous trois des Ascomycètes et ne possè-
dent pas de lamelles.
Pézize (« Sarcosphaera coronaria ») sont tous trois des Ascomycètes et ne possè-
dent pas de lamelles.
La toxine est
l'acide helvellique qui est détruit par la
chaleur. L'intoxication se
déclare donc après consommation du Champignon à l'état cru ou insuffisamment-
cuit. Une bonne cuisson et le rejet de l'eau de cuisson éviteront ces accidents rare-
ment mortels, mais qui provoquent des troubles gastro-intestinaux après une incu-
bation longue (de 8 à 24 heures) rappelant une intoxication phalloïdienne, avec
oour particularité une hépatite grave.
déclare donc après consommation du Champignon à l'état cru ou insuffisamment-
cuit. Une bonne cuisson et le rejet de l'eau de cuisson éviteront ces accidents rare-
ment mortels, mais qui provoquent des troubles gastro-intestinaux après une incu-
bation longue (de 8 à 24 heures) rappelant une intoxication phalloïdienne, avec
oour particularité une hépatite grave.
C- Syndromes à courte durée d'incubation :
1.- Syndrome
panthérinien (ou muscarien) :
Les espèces responsables sont « Amanita pantherina » et surtout « Amanita mus-
caria » (voir photos 24 et 25) confondues respectivement avec « Amanita rubes-
cens » (photos 40 et 41 ) ou « Amanita spissa » et « Amanita caesarea » (voir pho-
tos 42 et 42 bis, pages 76 et 77).
caria » (voir photos 24 et 25) confondues respectivement avec « Amanita rubes-
cens » (photos 40 et 41 ) ou « Amanita spissa » et « Amanita caesarea » (voir pho-
tos 42 et 42 bis, pages 76 et 77).
Nous vous renvoyons aux descriptions
botaniques de ces Champignons.
L'effet
muscarien ou mycoatropinien est dû
essentiellement au muscimol qui pro-
voque confusion mentale et endormissement profond. On trouve également de la
bufoténine, une substance à action psychotrope de structure chimique (noyau indo-
lique) proche de la psilocine et de la psilocybine extraits des Champignons halluci-
nogènes du Mexique. Cette substance provoque de graves troubles psychomoteurs
(délire, hallucinations), une diminution de la sécrétion salivaire. La muscarine est
également présente, mais à des doses très faibles, elle serait responsable des pro-
priétés insecticides à l'origine de la dénomination « tue-mouches ».
voque confusion mentale et endormissement profond. On trouve également de la
bufoténine, une substance à action psychotrope de structure chimique (noyau indo-
lique) proche de la psilocine et de la psilocybine extraits des Champignons halluci-
nogènes du Mexique. Cette substance provoque de graves troubles psychomoteurs
(délire, hallucinations), une diminution de la sécrétion salivaire. La muscarine est
également présente, mais à des doses très faibles, elle serait responsable des pro-
priétés insecticides à l'origine de la dénomination « tue-mouches ».
L'intoxication débute après une courte
incubation (1 à 4 heures) et se manifeste
par des troubles de l'équilibre, des douleurs abdominales suivies de diarrhées et
de vomissements. Puis survient une phase d'excitation due à la bufoténine à laquelle
succède un profond sommeil. Au réveil, l'intoxiqué ressent une lassitude qui dure
plusieurs jours. Le traitement consiste en une réhydratation et l'emploi de sédatifs
légers.
par des troubles de l'équilibre, des douleurs abdominales suivies de diarrhées et
de vomissements. Puis survient une phase d'excitation due à la bufoténine à laquelle
succède un profond sommeil. Au réveil, l'intoxiqué ressent une lassitude qui dure
plusieurs jours. Le traitement consiste en une réhydratation et l'emploi de sédatifs
légers.
Cette
intoxication est très rarement
mortelle. En effet, la dose mortelle (200 à
300 grammes) est rarement ingérée et la toxicité des substances actives est faible.
Toutefois, la tolérance individuelle peut modifier ces données.
300 grammes) est rarement ingérée et la toxicité des substances actives est faible.
Toutefois, la tolérance individuelle peut modifier ces données.
2.- Syndrome
sudorien :
Les Champignons
responsables contiennent tous des doses élevées de musca-
rine. Ce sont essentiellement des Inocybes et des Clitocybes.
rine. Ce sont essentiellement des Inocybes et des Clitocybes.
La muscarine est un alcaloïde qui provoque :
- une hypersécrétion de
l'appareil digestif avec douleurs abdominales, vomisse-
ments, diarrhées, etc..
ments, diarrhées, etc..
- hypersalivation et hypersudation : « l'intoxiqué mouille ses draps »
- hypersécrétion nasale et bronchique avec
larmoiement peu marqué
- cœur ralenti, pupilles rétrécies avec troubles visuels.
Ce tableau
alarmant peut être combattu efficacement ; on doit
surtout réhydra-
ter le sujet. Dans ce type d'intoxication, l'atropine est l'antidote spécifique de la
muscarine.
ter le sujet. Dans ce type d'intoxication, l'atropine est l'antidote spécifique de la
muscarine.
CONDUITE
A TENIR FACE
A UNE INTOXICATION
1) Que
faire en cas d'intoxication ?
- Ne jamais absorber d'alcool.
- Dans le cas
d'une incubation courte (1 à 2 heures après l'ingestion) il
peut être indiqué d'éliminer le plus
d'éléments toxiques
ingérés en fai-
sant vomir la victime. Toutefois, éviter cette opération si la victime est
inconsciente, car on
risque alors une inondation des poumons.
- Si les premiers
symptômes apparaissent plus de 6 heures après l'inges-
tion,
l'intoxication est plus grave et l'hospitalisation est indispensable.
- Dans tous, les cas,
prévenir un médecin en lui faisant compulser au
besoin ce présent livre.
2) Comment
déterminer
la cause d'une intoxication ?
Six questions
permettent d'y répondre.
• Quels Champignons avez-vous récoltés ?
Vérifiez les confusions possibles.
• Quelle
préparation
: crus, omelette, plat sauté ?
Pensez aux espèces toxiques à l'état cru ou mal cuites.
• Combien de temps s'est-il écoulé entre l'ingestion et les premiers
malaises ?
La
durée
d'incubation permet d'orienter le diagnostic.
• Les Champignons étaient-ils frais ?
Un Champignon comestible peut être toxique s'il est altéré.
• Tous les convives sont-ils malades ?
Certaines
personnes ont une sensibilité particulière.
• Le plat consommé était-il cuisiné depuis peu ou s'agissait-il de restes ?
Possibilité de pollution microbienne d'aliments
mal conservés.
CENTRES
ANTI-POISON
Paris (1)42.05.63.29
Angers 41.48.48.66
Nancy 28.52.92.10
Bordeaux 56.96.40.80
Nantes 40.47.88.88
Clermond-Ferrand
73.91.96.96
Reims 26.06.07.08
Grenoble 76.42.81.21
Rennes 99.59.22.22
Lille 20.54.55.56
Rouen 35.88.81.81
Lyon 78.54.14.14
Strasbourg 88.35.41.03
Marseille 91.75.25.25
Toulouse 61.49.33.33
Montpellier 67.72.00.00
Tours 47.61.61.61
1) Que
faire en cas d'intoxication ?
- Ne jamais absorber d'alcool.
- Dans le cas
d'une incubation courte (1 à 2 heures après l'ingestion) il
peut être indiqué d'éliminer le plus d'éléments toxiques ingérés en fai-
sant vomir la victime. Toutefois, éviter cette opération si la victime est
inconsciente, car on risque alors une inondation des poumons.
peut être indiqué d'éliminer le plus d'éléments toxiques ingérés en fai-
sant vomir la victime. Toutefois, éviter cette opération si la victime est
inconsciente, car on risque alors une inondation des poumons.
- Si les premiers
symptômes apparaissent plus de 6 heures après l'inges-
tion, l'intoxication est plus grave et l'hospitalisation est indispensable.
tion, l'intoxication est plus grave et l'hospitalisation est indispensable.
- Dans tous, les cas,
prévenir un médecin en lui faisant compulser au
besoin ce présent livre.
besoin ce présent livre.
2) Comment
déterminer
la cause d'une intoxication ?
Six questions
permettent d'y répondre.
• Quels Champignons avez-vous récoltés ?
Vérifiez les confusions possibles.
• Quelle
préparation
: crus, omelette, plat sauté ?
Pensez aux espèces toxiques à l'état cru ou mal cuites.
• Combien de temps s'est-il écoulé entre l'ingestion et les premiers
malaises ?
malaises ?
La
durée
d'incubation permet d'orienter le diagnostic.
• Les Champignons étaient-ils frais ?
Un Champignon comestible peut être toxique s'il est altéré.
• Tous les convives sont-ils malades ?
Certaines
personnes ont une sensibilité particulière.
• Le plat consommé était-il cuisiné depuis peu ou s'agissait-il de restes ?
Possibilité de pollution microbienne d'aliments
mal conservés.
CENTRES
ANTI-POISON
Paris (1)42.05.63.29
Angers 41.48.48.66
Nancy 28.52.92.10
Bordeaux 56.96.40.80
Nantes 40.47.88.88
Clermond-Ferrand
73.91.96.96
Reims 26.06.07.08
Grenoble 76.42.81.21
Rennes 99.59.22.22
Lille 20.54.55.56
Rouen 35.88.81.81
Lyon 78.54.14.14
Strasbourg 88.35.41.03
Marseille 91.75.25.25
Toulouse 61.49.33.33
Montpellier 67.72.00.00
Tours 47.61.61.61
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